Léa Lesor

« Comment protéger activement quelque chose de nous-même? » Virginie Maris

Le projet fictif d’Altérité est né d’une interprétation double : les écrits de la philosophie environnementale et la situation scientifique actuelle.

Un projet imaginé et imaginaire, pédagogique et évolutif, qui met les visiteurs en condition pour accéder à un autre point de vue, une perception différente.

Fragments des écosystèmes camarguais

La Camargue est l’une des régions françaises les plus étudiées par les scientifiques. Une très grande part de son territoire est soumise aux règlementations de préservation des écosystèmes.

Un territoire, entre terre et eau, à la lisière de la Réserve Nationale Naturelle de Camargue. 

Rendre compte d’un territoire sans y avoir accès : recouper les informations et travailler sur les outils cartographiques.

« Rendre compte, multiplier les manières d’être, c’est-à-dire les manières d’éprouver, de sentir, de faire sens et de donner de l’importance aux choses » V. Despret

Des points de contact et de perception issus du domaine scientifiques. Ils ont été sélectionnés pour activer la sensibilité des visiteurs tout en leur permettant une expérience à distance. 

La structure de l’installation fait échos à cette idée de frontière. Une frontière, ici, poreuse, dont la hauteur varie pour ne devenir qu’un garde-corps et dont le sol s’élève peu à peu pour laisser le passage libre aux espèces animales.

Repenser l’idée de limite pour qu’elle devienne un outil pédagogique et un vecteur d’expériences.

L’humain est circonscrit dans un parcours précis, dessiné en fonction de l’implantation des différents écosystèmes. Au fur et à mesure des heures et des saisons, les paysages sensibles se transforment.

La visite se prépare. Par petit groupe, pour éviter toute altération ou influence sur les milieux sauvages, les visiteurs découvrent des supports d’informations variés : ouvrages scientifiques et philosophiques, cartes récentes et anciennes, fragments du paysage, …

Le vestiaire est une étape clé pour préparer sa visite. Vous vous délestez temporairement de tous les éléments qui rythment votre quotidien. Ainsi, vous devenez pleinement attentifs et capables d’accorder de l’importance à vos sens et perceptions. 

Une déclinaison de mobiliers, tables et assises, a été dessiné pour le projet, reprenant l’identité même de la structure et dévoilant tous les éléments de leur construction.

Dans ce projet, qui ne veut pas occulter mais montrer d’une autre manière, la vision microscopique devient outil de compréhension. Deux dispositifs, l’un technologique, l’autre mécanique, permettent d’accéder à cette nouvelle perception.

Vous découvrez les mouvements aquatiques du Micropterus, mais aussi les attaques de Grand Duc ou les nids des Guêpiers d’Europe. A travers les loupes, situées en périphéries, vous apercevez des Couleuvres de Montpellier ou de rares espèces de Ranidés.

Inspiré de la méthode du field recording, des caméras placées sur le site, dans les terriers, dans les étangs ou près des nids, diffusent leurs images en temps réel.

« Le mot « émerveillement » a été repoussé dans un champ esthétique désengagé des problématiques faisant un monde commun. […] Il s’agit d’accéder au prodige des autres formes de vie. » B. Morizot

Vous entrez désormais dans le territoire chanté des flamants, échasses, aigrettes, ibis et autres cygnes. Vous entendez le vent qui balaie les roseaux et le chant des oiseaux qui se disputent le territoire, la richesse de leur polyphonies.

« Notre tradition culturelle interprète un soir d’été à la campagne comme une situation bucolique, alors que c’est le lieu politique le plus riche qu’on puisse connaître…On entend cela comme le silence, alors que c’est un ensemble bruyant et bariolé. » B. Morizot

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