Clémence Heuze

La bande dessinée Revoir Paris est considérée comme une œuvre de science-fiction optimiste, voir même utopique : c’est un ouvrage mêlant la vision architecturale futuriste de Peeters et Schuiten et des références de toutes sortes retraçant l’urbanisme de Paris, réel ou fantasmé, depuis deux siècles

Il est intéressant de constater que les dessins de Benoit Peeters et François Schuiten ne sont pas sans rappeler les esquisses réalisées 100 ans plus tôt par Eugène Hénard. Des croquis qui permettaient d’envisager une ville de Paris aérée, où les flux et les circulations seraient repensées.

C’est également le cas du projet des maisons tours d’Auguste
Perret auquel les auteurs font référence dans la bande
dessinée.

Depuis toujours la science-fiction tisse des liens étroits avec l’architecture. Qu’elle s’inspire de villes existantes, ou qu’elle devienne le berceau de mégalopoles fictives, la science-fiction à permit et permet encore de nous interroger sur la ville, notre rapport à celle-ci.

Le projet de Sant’Elia est un parfait mélange des
revendications du mouvement futuriste : une architecture
naissant grâce aux progrès techniques et scientifiques, créant
une ville légère et éphémère.

Grace à l’essor du comics dès 1905, qui est devenu le média où se sont rejoints dessins science-fiction et anticipations architecturales, les architectes tels qu’Antonio Sant’Elia bouleversent notre rapport à la modernité en proposant des planches colorées où sont érigés des immeubles verticaux.

La science-fiction ayant évolué en même temps que notre monde, elle s’est rapidement emparée de ces visions modernes. C’est notamment le cas de la ville Metropolis, ville fictive où Superman évolue, et qui apparaît pour la première fois en 1939 à l’occasion de la sortie de l’action comics numéro 16

A cette même période, de nouvelles constructions hors d’échelle sortent de terre, et deviennent une source d’inspiration pour les collectifs tels Archigram.

Le collectif met en avant une architecture proche de la pop culture, utilisant tous les moyens graphiques de l’époque (BD, dessins, story boards, collages, supers héros et bulles) pour proposer sa propre vision du monde, et diffuser son utopie de la ville du futur.

Parmi les sources d’inspirations du collectif on retrouve les imaginaires d’Antonio Sant’Elia, de Buckminster Fuller, de Yona Friedman ou Constant Nieuwenhuys. Les propositions architecturales d’Archigram peuvent facilement être comparées aux univers de science-fiction.

« L’utopie et la dystopie ne peuvent être séparées : ce sont les deux faces d’une même page » Marion Mazauric, éditrice de romans de science-fiction

Globalement, les films de SF critiquent de manière implicite ou explicite de l’évolution de l’architecture, de l’urbanisme, de la gestion même de la ville.Et c’est d’ailleurs tout le parti pris des œuvres dystopiques comme Metropolis de Fritz Lang ou Blade Runner de Ridley Scott.

La représentation du bâti crée un lien étroit entre architectes, dessinateurs, réalisateurs. Elle atteint souvent un très haut degré de précision, de raffinement, permettant aux lecteurs/spectateurs de déployer leurs imaginaires, de se questionner sur l’évolution, la métamorphose de leurs villes.

J’ai pu constater que les thèmes du développement durable et de l’agriculture restent très peu évoqués en science-fiction, ou alors ils sont largement relayés au second plan. Pourtant il semblerait que notre nouvelle utopie se focalise sur la notion de durabilité et de partage.

Projet La ville résiliente de Luc Schuiten

projet de Paris 2050, Vincent Callebaut

L’intérêt en hausse pour les cités végétales et durables a donné naissance à de nombreux projets architecturaux visionnaires qui pourraient bien donner à nos villes un tout nouveau visage comme les projets de Luc Schuiten ou encore Vincent Callebaut.

Projet Le petit Paris, par Malka Architecture

rénovation de l’Astley Castle, par le cabinet Witherford Watson Mann Architects.

Je dois avouer que l’idée de vivre dans les tours végétales de Vincent Callebaut ne me séduit pas particulièrement. Je pense que notre monde, notre société ne doit pas faire table rase de l’esthétique du passé. Il faut apprendre à mieux conserver, requalifier pour mieux habiter.

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